jeudi 27 août 2020

22 Dimanche Ordinaire

🔆 Profitons de l’été pour prendre le chemin d’obéissance 
    Jérémie est le seul personnage de la Bible à reprocher à Dieu de l’avoir ″séduit″. Quelle audace de sa part, puisqu’on voit selon le Livre d’Exode à quel point la séduction est trompeuse et condamnable! Il a toutefois raison d’ouvrir son cœur devant Dieu pour exprimer le sort qui lui est réservé; railleries et moqueries fusent de la part de son auditoire, et le climat à Jérusalem est lourd à porter puisque tout n’est que «violence et dévastation». Il songe à renoncer à sa mission de parler au nom de Dieu mais il n’éteint pas le feu qui brûle en lui.
    Qui d’entre nous n’a pas été découragé et déçu plusieurs fois dans sa vie? A cause de celui sur lequel on comptait pour faire quelque chose et qui se dérobe, ceux que nous pensions être des amis, mais que ne sont pas venus lorsque nous étions dans l’épreuve, et puis aussi Dieu que nous attendions et qui n’a pas eu l’air d’entendre notre prière.
    La vie est parfois lourde à porter mais nous avons finalement tenu, non sans souffrir certes, mais la force, l’énergie, l’espoir des lendemains nous ont permis de dominer l’épreuve, de réussir notre engagement ou vaincre le mal. Il y a de la ressource dans l’homme!
    Les propos de Paul sont, quant à eux, l’extrême opposé. Loin d’évoquer un séducteur, l’apôtre invite ses lecteurs à se laisser toucher «par la tendresse de Dieu». La foi chrétienne n’a pas à se modeler selon «le monde présent», mais doit plutôt chercher à se renouveler constamment par un processus de discernement de «la volonté de Dieu». Elle n’a rien d’un fardeau lourd à porter et elle se nourrit de tout «ce qui est bon». 
🔆 Profitons de l’été pour traverser la peur 
    Pierre est un homme entier: il a à peine professé sa foi qu’il se met à faire des reproches à Jésus, qui vient d’annoncer sa Passion et sa mort. Pierre trouve cette perspective incompatible avec l’idée qu’il se fait du Messie. Que s’est-il passé pour que Pierre soit appelé Satan tout juste après avoir professé que Jésus est le Messie? L’annonce que le chemin messianique est souffrance, mort et résurrection. Et les vifs reproches que le premier disciple fait à son maître: non, cela ne doit pas arriver!
    Pierre refuse la mort de Jésus. Il fut terrifié à l’idée de cette mort. Notre amour du Christ ressemble à ce refus de Pierre: il est sincère mais il a peur de la mort.
    Nous avons du mal à entendre l’appel difficile à prendre notre croix et à le suivre. Pourtant, la peur de la mort n’est pas la vérité de la foi. C’est une appréhension, assurément naturelle, mais que Jésus vient transfigurer.
    Au seuil d’une nouvelle année scolaire, au milieu des décisions à prendre, nous avons des refus et des consentements à poser. Certaines appréhensions, bien naturelles, peuvent nous enfermer dans la peur. Alors, avec le prophète Jérémie, laissons-nous séduire par le feu dévorant, au plus profond de notre être, de la parole de Dieu. Elle accompagne notre rentrée pour nous aider à traverser nos peurs. Afin d’en faire, comme Pierre après la Résurrection, une Pentecôte.

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vendredi 21 août 2020

21 Dimanche Ordinaire

🔆 Profitons de l’été pour croire comme Pierre!
    «Le Christ, oui! L’Église, non!» On entend parfois cette réflexion faite par des personnes qui ne peuvent s’empêcher d’admirer le Christ, mais sont comme allergiques à l’Église. Certes, l’Église, composée d’êtres humains, est marquée par la faiblesse, et même par le péché. Mais l’évangile invite à porter sur elle un autre regard. Le mot «Église», quoique fréquent dans le Nouveau Testament, n’apparaît pas dans les évangiles sauf dans le passage de Matthieu que nous entendons aujourd’hui (16,18). On ne peut dissocier l’Église de Jésus: elle est l’assemblée des croyants qui reconnaissent en Jésus le Messie (ou Christ) et le Fils du Dieu vivant, et cette assemblée se fonde sur la foi du chef des Apôtres, et ensuite, selon la tradition catholique, sur celle de ses successeurs comme évêques de Rome. Elle n’est pas d’abord une hiérarchie administrative, mais une société de louange. Sa principale raison d’être est de chanter les merveilles accomplies par Dieu en Jésus, le Christ, qui intègre dans l’unique plan de salut les juifs et les non juifs (deuxième lecture).
🔆Profitons de l’été pour nous poser la question: pour vous qui suis-je?
    «Pour vous, qui suis-je?» (évangile). La question que Jésus adresse à ses disciples interpelle, tout au long de l’histoire, chaque chrétien. Professer, à la suite de Pierre, «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant!» Mais avant toute chose, il importe que nous nous posions la question: Qui est Jésus pour nous? C’est lui-même qui nous la pose. Il n’attend pas une réponse du catéchisme ou d’un livre de théologie. Le plus important c’est ce que Jésus est pour moi personnellement. A ce sujet, je vous cite la réponse d’une religieuse cistercienne. Elle écrivait: «Il est Celui que mon cœur aime… Il est le bien-aimé que toujours je cherche et désire… Jésus est le tout de ma vie… Son amour vaut plus que la vie… Il est celui qui a tout partagé avec moi, sa filiation divine qui fait de moi un enfant du Père, et sa Mère pour qu’elle soit aussi ma maman à moi…» 
    Cette religieuse a dit qui était Jésus pour elle; elle lui a consacré toute sa vie. Il nous revient aujourd’hui de nous demander qui il est pour nous, quelle place il tient réellement dans notre vie.
    Cet évangile est un appel à la foi c’est-à-dire à une relation vivante avec le Christ, un attachement personnel à sa personne. Comme dans toute relation, il y aura des variations et même des crises.
    Pierre a connu des moments de doute. Il a même renié le Christ. En nous rappelant tout cela, l’évangile nous fait comprendre que l’Eglise de Jésus Christ est la maison des croyants partagés entre la foi et le doute, entre l’élan de générosité et la lâcheté.
🔆 Profitons de l’été pour avoir les clefs: Des clefs, pour quoi faire?
    Pour ouvrir les portes, direz-vous! Mais pas n’importe lesquelles: les portes du Royaume des cieux. Comme s’il y avait des serrures pour franchir le passage dans la vie en Dieu. Oui, les clefs du Royaume ouvrent à la vie dans la miséricorde de Dieu. Pierre reçoit de Jésus non seulement la garde des clefs mais aussi le pouvoir de «lier et délier», de donner les conditions du passage. Étonnant pouvoir confier à un homme, avec ses faiblesses, ses trahisons mais aussi ses coups de cœur, ses actes de foi inspirés par l’Esprit.
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vendredi 14 août 2020

20 Dimanche Ordinaire

🔆 Profitons de l’été pour demander la foi!
    Les textes de ce dimanche nous font faire un pas de plus dans notre foi au Dieu de l’Alliance. L’oracle du prophète Isaïe (première lecture) se situe à l’époque de l’Exil où les judéens, se sentant menacés dans leur foi par l’environnement païen, pratiquent une politique d’exclusion. Mais Dieu constate que des étrangers mènent une vie conforme à l’Alliance. Bientôt, dans le judaïsme, on admettra des étrangers à condition qu’ils soient «fermement attachés à l’Alliance». «Je les conduirai à ma montagne sainte… ma maison s’appellera ″Maison de prière pour tous les peuples″». Les étrangers peuvent donc trouver leur place au sein du peuple de Dieu. 
    Dieu est universel. Notre foi en lui exige un discernement constant entre la revendication de notre propre identité et la nécessaire ouverture à l’autre. 
    La Cananéenne est un exemple de foi pour les disciples de tous les temps et donc pour nous aujourd’hui. Nous reconnaissons qu’il n’y a plus de frontières. Tous peuvent avoir accès à la table. A nous de chercher à traduire cette affirmation dans nos comportements de la vie quotidienne et dans la célébration eucharistique.
🔆 Profitons de l’été pour entendre le cri de ceux qui souffrent…
    Quand les mots ne suffisent plus, ou pire, n’existent pas pour exprimer tout ce qui serait à dire, le silence ou le cri de l’homme deviennent soudain plus forts que toutes les paroles. Jésus s’était retiré au pays de Tyr et de Sidon. Comme à son habitude, le voilà à l’écart de la terre où il annonçait la Bonne Nouvelle. Un cri déchire le silence de son repos. Un cri semblable à ces cris qui nous dérangent chaque jour et déchirent le silence de nos déplacements dans les transports en commun. Le cri d’un pauvre, d’un malade, d’un mendiant ou d’un mourant, un cri à nul autre pareil, qui va jusqu’à glacer le sang, qui remet chaque être humain en face de son humanité et de ses responsabilités. Il va jusqu’à détourner de leur chemin ceux qui passent, parce qu’ils entendent, dans ce cri, un appel, la dernière parole possible pour un être humain. Le cri de la Cananéenne est de cet ordre. «Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David!» Ces mots touchent le cœur des disciples et le cœur de Jésus. La souffrance de cette femme les prend aux entrailles. Les disciples intercèdent pour elle. Et Jésus engage le dialogue avec cette femme, qui vient à sa rencontre alors qu’elle n’est même pas du peuple d’Israël, auquel il est envoyé. Devant l’insistance de cette mère, devant la grandeur de la foi de cette femme, Jésus se laisse toucher, il répond à son attente. La guérison de sa fille devient signe pour les disciples que la Bonne Nouvelle déborde déjà les frontières d’Israël. Un cri déchire le silence et ouvre un vaste avenir au rayonnement de la Bonne Nouvelle.
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vendredi 7 août 2020

19 Dimanche Ordinaire

🔆 Profitons de l’été pour faire confiance…
     Cette page de l’évangile de Matthieu offre un étonnant contraste entre le calme du soir, où Jésus s’est retiré pour prier, et la mer agitée, symbole des difficultés de la foi. 
    Silence et solitude comme lieu de la rencontre de Dieu: tel est aussi le thème de la première lecture. On y voit Élie, le prophète persécuté, se rendre à l’Horeb, la montagne où Dieu s’est manifesté à Moïse dans le tonnerre et les éclairs. C’est ainsi qu’Élie se représente le Dieu d’Israël. Mais voici que sonne pour lui l’heure, d’une conversion capitale: il doit apprendre que le Dieu de l’Alliance n’est ni dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. C’est le murmure d’une brise légère qui témoigne de son passage. À travers l’épisode de la marche de Jésus sur les eaux, l’évangile de Matthieu relate la conversion de Pierre, que Jésus fait passer de la présomption à la foi. 
🔆 Profitons de l’été pour avoir la foi… 
    La foi se décline par bien des manières dans la riche diversité du peuple de Dieu. Quand on demande à une personne qui dit avoir la foi. On peut être étonné par la diversité des réponses. Pour les uns, la foi, c’est croire qu’il y a «quelque chose après la mort»; pour d’autre, c’est croire qu’il y a «quelqu’un» c’est-à-dire un Dieu Créateur. Chacun y va de son refrain, ce qui est normal: tous n’ont pas la même expérience de Dieu et de sa présence agissante. 
  • La foi est de l’ordre surnaturel, et la raison humaine à toujours besoin de s’y articuler. Cette articulation, ou adaptation, ne se fait pas sans implication de la part du disciple. 
  • La foi n’est pas uniquement de notre côté; elle est aussi – et surtout – du côté de Dieu. Aux défaillances de notre cœur pallie l’action de Dieu. À notre manque de confiance répond la fidélité de Dieu.
  • La foi est un don de Dieu, une vertu théologale qui nous est donnée au baptême. Elle nous introduit dans une relation indélébile et indéfectible avec Dieu. 
🔆 Profitons de l’été pour croire… 
    Il en est encore ainsi aujourd’hui. Croire n’est jamais une chose acquise une fois pour toutes. On peut se méfier des gens qui ne doutent jamais parce que leur foi semble alors être de l’ordre de l’idée pure. Tout vrai croyant est partagé entre le doute et la foi. Nous traversons tous le désert, portant en nous le poids du doute et du silence de Dieu ainsi que la force de la foi en sa présence toujours recherchée, jamais possédée. 
    Qui de nous peut affirmer n’avoir jamais douté de la bonté de Dieu devant les injustices de ce monde, face aux catastrophes qui se produisent un peu partout dans le monde, face aux maladies qui frappent l’être humain à tout âge, face à ces milliers de gens fuyant des régimes totalitaires, dans l’espoir de trouver une terre amicale que certains n’atteindront jamais? 
    Croire en Dieu, c’est toujours traverser un désert, c’est passer sans cesse de la nuit au jour, du doute à la confiance, du désespoir à l’espérance parce que Dieu est discret, effacé au point qu’à peine reconnu. 
    Rendant grâce à chaque eucharistie pour la victoire de Jésus sur la mort le chrétien tend la main vers son frère qui cire au Christ: «Seigneur, sauve-moi!»

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jeudi 6 août 2020

Transfiguration du Seigneur

    Au moment de commencer sa montée vers sa Passion, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène sur une montagne, le mont Thabor selon la tradition. Là, il est transfiguré devant eux et reçoit du Père ce témoignage: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé." Au jardin des Oliviers, au soir de son arrestation, ce sont les mêmes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus prendra avec lui. Ce n'est pas une coïncidence. Ceux qui allaient le voir défiguré ("il n'avait plus figure humaine" avait annoncé le prophète Isaïe) ce sont eux qui devaient, auparavant, l'avoir vu transfiguré: le Jésus Fils de Dieu est le même que le Jésus crucifié. La fête de la Transfiguration est très ancienne dans l'Orient chrétien. Elle fut très tôt fixée au 6 août, en plein été. Au Xe siècle, elle devint même, par décision de l'empereur, fête chômée dans tout l'empire byzantin. En Occident, après avoir été longtemps fête locale, elle fut constituée fête universelle après la victoire qui stoppa l'avance turque en 1456. La date liturgique de sa célébration fut choisie d'après la pratique des Églises orientales. Avec le Baptême du Christ, c'est une fête de théophanie, c'est-à-dire de manifestation du Christ comme Fils de Dieu. Elle est célébrée en ce jour par l'Église d'Occident et tous les Orientaux byzantins, syriens et coptes.

vendredi 31 juillet 2020

18 Dimanche Ordinaire

🔆 Tout est gratuit…
    La faim et la soif ont, dans la Bible, une double dimension: physiquement et spirituellement. Ainsi, quand Isaïe invite le peuple à acquérir gratuitement du vin et du lait, quand il parle de l’eau qui comble la soif, c’est aussi de la relation à Dieu qu’il s’agit.
    La première lecture est adressée aux Israélites exilés à Babylone, à qui le prophète promet qu’à leur retour en Judée, ils trouveront de quoi combler tous leurs désirs. S’ils auront de quoi nourrir leur ventre, ils auront aussi de quoi étancher leur soif spirituelle – et c’est bien ce que signifie le fait que cette nourriture est gratuite: Dieu ne s’achète pas! Dans la Bible, le vin et le lait soit présentés comme les meilleurs produits de la terre promise comme les signes auxquels le peuple reconnaît que Dieu l’a conduit dans le lieu où l’Alliance se concrétise et se vit au quotidien.
    La multiplication des pains est un épisode essentiel aux yeux des premières communautés chrétiennes puisqu’elle est racontée pas moins de dix fois dans le Nouveau Testament. La multiplication des pains est, bien sûr l’annonce du dernier repas de et de l’eucharistie. Elle est aussi une invitation aux communautés qui se réclament de Jésus: elles doivent se sentir interpellées par la faim des hommes, faim des corps, faim des âmes en attente d’une parole d’amour, d’un geste de fraternité vraie.
🔆 Le Christ comble notre faim...
    Un vent d’espérance et de générosité souffle sur ce dimanche.
  • Sommes-nous aussi sûrs que Saint Paul, que rien ne peut nous arriver de fâcheux si nous restons cramponnées à l’amour du Christ? 
  • Venons-nous à la messe comme à un repas plantureux, savoureux et gratuit? 
  • Avons-nous conscience de l’immense et étonnante prodigalité du Christ qui donne à tous et à chacun ce qu’il lui faut? 
    Mais après avoir fait miroiter cette richesse à nos oreilles, la liturgie de ce dimanche nous conduit à notre implication dans l’action divine. Entendons alors cette exigence en retour demandée par le Seigneur: il nous faut coopérer par une action personnelle, aussi mimine soit-elle. ″Donnez-leur vous-mêmes à manger″ répond en effet Jésus à ses disciples, pour les forcer à chercher quelques pains et quelques poissons avant d’accomplir Lui-même le miracle.
    Tout nous est donné en surabondance. À nous de surabonder en action de grâce, en amour pour le Christ et en générosité pour nos frères.
🔆 Le Christ donne à profusion...
    C’EST AU COEUR DE CE CONGÉ D’ÉTÉ où nous désirons vivre autrement, que le livre d’Isaïe nous lance une parole retentissante: «Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau…».
    La proposition qui est faite bouscule par son étonnante gratuité et par son contenu: nous n’avons rien à donner en retour! Il nous faut simplement l’accepter comme un don venant du Très-Haut qui vient étancher nos soifs.
    Ce qui nous déstabilise, c’est bien cette capacité divine à tout donner à notre humanité sans rien attendre en retour. Le Seigneur en effet, jour après jour, en temps de repos comme en pleine activité, veut que nous nous abreuvions à la source de la vie, à la source de sa Vie. Le Christ donne à profusion, sans rien retenir pour lui, y compris lorsque la situation semble perdue. Prenons du temps pour laisser le Seigneur venir à notre rencontre, il veut nous combler de ses biens!

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vendredi 17 juillet 2020

16 Dimanche Ordinaire

🔆 ″Ivraie″ - le mot vient du latin populaire «ebriaca», qui vient lui-même de «ebritus» - ivre, parce que certaines variétés de cette graminée portent des graines susceptibles d’enivrer! Intéressant, en effet. Mais il y a plus! Le mot grec utilisé par Matthieu, pour parler de cette «ivraie enivrante dont les épis ressemblent à ceux du blé», c’est «zizanion». D’où en français zizanie et l’expression» semer la zizanie!» Ainsi, c’est la parabole biblique qui a donné ce sens figuré.
    Nous admettons qu’en chacun il y a une part d’ivraie et une part de bon grain, nous sommes quand même tentés de croire que globalement le bon grain c’est nous et l’ivraie les autres! 
    Dans beaucoup de domaines nous cherchons la perfection, parfois même en usant de la force pour y parvenir, mais nous devons nous résigner et reconnaître que la perfection telle que nous l’imaginons n’existe pas. Il construit sa propre loi de sainteté et s’érige en juge de la vie. 
    La parabole du bon grain et de l’ivraie met en relief la sagesse et la patience du propriétaire. Non, il ne veut pas que ses serviteurs aillent arracher dès maintenant la mauvaise herbe! C’est aussi la clémence et la longanimité de Dieu que conclut le sage qui s’exprime dans notre première lecture. Le Seigneur maîtrise sa force et juge avec une sereine équité. Par là, il apprend à son peuple à être ″humain″. En exaltant la patience de Dieu, les auteurs inspirés dénoncent simultanément nos excès de zèle et notre incorrigible propension à exclure et à condamner. Nos particularismes ne doivent pas devenir des barrières discriminatoires. Non sans humour, Jésus nous invite à assumer avec réalisme notre condition historique: tous, ensemble, nous formons un champ extraordinairement mêlé!
    La patience n’est pas une qualité évidente surtout à l’heure actuelle où nous aimons l’efficacité dans la rapidité, le bonheur dans l’immédiat et la facilité. Par contre la tolérance est honorée dans notre société multiculturelle où nous devons apprendre à vivre avec des personnes qui ne pensent et ne vivent pas comme nous.
La patience est sans aucun doute la vertu première de l’amour. Les parents, comme tous ceux qui aiment… en savent quelque chose!
🔆 Pour ceux qui n'osent pas encore sortir de leurs maisons, qui se sont fragiles... nous proposons la célébration de la Parole de Dieu chez vous:

Tous sont assis. Le Conducteur de la célébration prend la parole:
Frères et sœurs,
aujourd'hui, en ce 16 dimanche Ordinaire,
des circonstances exceptionnelles nous empêchent de participer
à l’Eucharistie dans notre église.
Néanmoins, nous savons bien que lorsque nous nous réunissons au nom de Jésus
il est présent au milieu de nous.
Et nous nous souvenons que lorsqu’on lit l’Écriture en Église,
c’est le Verbe de Dieu lui-même qui nous parle.
Sa parole est alors nourriture pour notre vie.
C’est pourquoi nous allons ensemble, en communion avec toute l’Église,
nous mettre à l’écoute de cette Parole.

Au cours de cette célébration,
nous implorons la Miséricorde de Dieu pour que cesse l’épidémie qui menace le monde et notre pays,
pour les personnes malades et celles qui sont décédées,
pour leurs amis et leurs familles,
et pour tous ceux qui œuvrent au service des autres en luttant contre ce fléau.

Maintenant, nous nous préparons à ouvrir nos cœurs, en faisant silence.

Après un vrai temps de silence, tous lèvent et se signent en disant:
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Le Conducteur poursuit:
Pour nous préparer à accueillir la parole de Dieu et pour qu’elle nous transforme, nous nous reconnaissons pécheurs.

On dit ensuite le rite pénitentiel. Par exemple:
Seigneur, prends pitié.
     Seigneur, prends pitié.
Ô Christ, prends pitié
     Ô Christ, prends pitié
Seigneur, prends pitié.
     Seigneur, prends pitié.

Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde; qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduira à la vie éternelle. Amen.

Le Conducteur dit l’oraison:
    Prions...
    Sois favorable à tes fidèles, Seigneur, et multiplie les dons de ta grâce: entretiens en eux la foi, l'espérance et la charité, pour qu'ils soient toujours attentifs à garder tes commandements. Par Jésus Christ ton fils et notre Seigneur qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen

Celui qui est chargé de faire la première lecture reste debout pendant que les autres s’assoient.

Lecture du livre de la Sagesse (Sg 12, 13.16-19)
    Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose: tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes. Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose. Tu montres ta force si l’on ne croit pas à la plénitude de ta puissance, et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes. Mais toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence,
tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain; à tes fils tu as donné une belle espérance: après la faute tu accordes la conversion.

- Parole du Seigneur.
    Nous rendons grâce à Dieu.

Celui qui fait la lecture du psaume se met debout, les autres restent assis.

PSAUME (Ps 85, 5-6, 9ab.10, 15-16)

R/ Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière, Seigneur.
Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité!
Regarde vers moi,
prends pitié de moi.

Celui qui est chargé de faire la deuxième lecture se met debout pendant que les autres restent assis.

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 8,26-27)
    Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles.

- Parole du Seigneur.
    Nous rendons grâce à Dieu.

Tous se lèvent au moment où l’on dit ou chante l’acclamation de l’Évangile.
Alleluja, Alleluja.
     Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre,
     tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume!
Alleluja, Alleluja.

L’Évangile, cependant, n’est pas proclamé, mais simplement lu. Celui qui en fait la lecture se contente de dire, avec sobriété:

Évangile de Jésus Christ selon saint Mathieu (Mt 13, 24-43)
    En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule: « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire: ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie?’ Il leur dit: ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent: ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever?’ Il répond: ‘Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.’» 
    Il leur proposa une autre parabole: «Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches.» 
    Il leur dit une autre parabole: «Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé.»
    Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète: J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent: «Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ.» 
    Il leur répondit: « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme; le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable; la moisson, c’est la fin du monde; les moissonneurs, ce sont les anges. 
    De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal; ils les jetteront dans la fournaise: là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. 
    Celui qui a des oreilles, qu’il entende!»

– Acclamons la Parole de Dieu.
    Louange à toi Seigneur Jésus

On garde le silence pour la méditation personnelle et silencieuse.
Puis tous professent la foi de l’Eglise en disant le symbole des apôtres.
Tous restent debout et on peut présenter les intentions de la prière universelle.

Prière universelle

    Que l’Esprit Saint vienne au secours de notre faiblesse et inspire notre prière de ce jour.

Refrain: Esprit de Dieu intercède pour nous, viens au secours de notre faiblesse.
  • Le champ, c’est le monde… Bénissons le Seigneur pour la planète qu’il a créée et qu’il a confiée à l’intelligence de l’homme… Que chacun travaille à la sauvegarder et à la faire fructifier loin de tout danger et pour le bonheur de tous. Ensemble prions… R 
  • L’ivraie, ce sont les fils du mauvais… Notre monde et notre vie sont sans cesse menacés par le mal et ses subtilités… Que le Seigneur nous rende courageux et persévérants pour soutenir le combat de ceux qui ouvrent un chemin à travers les champs modernes de l’ivraie. Ensemble prions… R 
  • Le bon grain, ce sont les fils du Royaume… Bénissons le Seigneur pour tous les hommes qui sèment en ce monde les signes de l’amour vrai et de la vie… Que chaque baptisé, là où il est envoyé, suscite autour de lui le désir de vivre selon la bonne Nouvelle du semeur. Ensemble prions… R
  • A ceux qui, dans nos communautés acceptent de témoigner de ton amour auprès des plus pauvres, des malades, des personnes seules, donne, Seigneur, ton Esprit: que leur exemple nous mette en marche vers le Royaume. Ensemble prions… R
      À la fin, le Conducteur, introduit à la prière dominicale:
      Unis dans l’Esprit et dans la communion de l’Église, nous osons prier comme le Seigneur Jésus lui- même nous l’a enseigné:
      On dit ou on chante le Notre Père:
      Notre Père…
      Et on enchaîne immédiatement:
      Car c’est à toi…

      Puis le Conducteur invite au partage de la paix:
      Nous venons d’unir notre voix à celle du Seigneur Jésus pour prier le Père.
      Nous sommes fils dans le Fils.
      Dans la charité qui nous unit les uns aux autres, renouvelés par la parole de Dieu,
      nous pouvons échanger un geste de paix,
      signe de la communion que nous recevons du Seigneur.

      Tous échangent alors une salutation de paix à distance, par exemple en s’inclinant profondément les uns vers les autres tour à tour ; ou bien, en famille, en s’envoyant un baiser avec deux doigts sur les lèvres.
      On s’assied.
      ________________________________________________________________________________

      Communion spirituelle
      Le Conducteur dit:
      Quand nous ne pouvons pas recevoir la communion sacramentelle à la Messe,
      le pape saint Jean-Paul II nous invite à pratiquer la communion spirituelle,
      appelée aussi “communion de désir”.
      Le Concile de Trente nous rappelle que celle-ci
      “consiste dans un ardent désir de se nourrir du Pain céleste,
      avec une foi vive qui agit par la charité
      et qui nous rend participants des fruits et des grâces du Sacrement”.
      La valeur de notre communion spirituelle
      repose donc sur notre foi en la présence du Christ dans l’eucharistie
      comme source de vie, d’amour et d’unité,
      et sur notre désir d’y communier.
      Dans cet esprit, je vous invite maintenant à vous asseoir,
      à incliner votre tête, à fermer les yeux et à vous recueillir.
      Silence
      Au plus profond de notre cœur,
      laissons monter en nous le désir ardent de nous unir à Jésus,
      dans la communion sacramentelle,
      et de faire vivre ensuite son amour dans nos vies,
      en aimant les autres comme il nous a aimés.

      On reste en silence pendant quelques minutes pour un cœur à cœur avec Jésus.
      On chante un cantique d’action de grâce. On se met debout.
      Le Conducteur dit, au nom de tous, la formule de bénédiction:

      Par l’intercession de sainte Thérèse - patronne de notre paroisse, de tous les saints et saintes de Dieu, que le Dieu de la persévérance et du courage nous donne de manifester par toute notre vie l’Esprit d’amour du Christ Jésus.
      Ainsi, d’un même cœur et d’une même voix, nous rendrons gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, pour les siècles des siècles! Amen.

      On peut clore la célébration en chantant une antienne ou un cantique à la bienheureuse vierge Marie.
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